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Message
de SM le
Roi
Mohammed
VI que
Dieu
L’assiste
à la
Conférence
de
l'Organisation
de l'ONU
pour
l'alimentation
et
l'agriculture
04/06/08
"Louange
à Dieu.
Prière
et Salut
sur le
Prophète,
Sa
famille
et Ses
Compagnons.
Monsieur
le
Président.
Excellences,
Mesdames
et
Messieurs
les
Chefs de
délégation.
Excellence
Monsieur
le
Secrétaire
Général
de
l'Organisation
des
Nations
Unies.
Monsieur
le
Directeur
général.
Mesdames
et
Messieurs.
Il M'est
agréable
d'adresser,
tout
d'abord,
Mes
chaleureuses
félicitations
au
Président
de cette
importante
conférence,
à
l'occasion
de son
élection.
Je tiens
également
à
assurer
le
Directeur
général,
Monsieur
Jacques
Diouf,
de Ma
profonde
estime
pour les
efforts
qu'il
déploie
à la
tête de
l'Organisation
des
Nations
Unies
pour
l'Alimentation
et
l'Agriculture,
afin de
faire
face aux
défis
majeurs
liés à
la
préservation
de la
sécurité
alimentaire
mondiale.
Je
voudrais
aussi
exprimer,
à cette
occasion,
Mes vifs
remerciements
au
gouvernement
de la
République
italienne
amie
pour les
efforts
qu'il a
déployés
afin
d'assurer
le
succès
de cette
importante
conférence.
Nous
voilà
donc
réunis
dans sa
capitale
Rome,
douze
années
environ
après la
tenue du
Sommet
Mondial
sur
l'Alimentation,
qui
avait
permis
l'adoption
de la
Déclaration
de Rome
et d'un
plan
d'action
destiné
à
éradiquer
la faim
et la
sous-alimentation
dans le
monde et
à
assurer,
au
profit
de tous,
une
sécurité
alimentaire
durable.
La tenue
de cette
conférence
de haut
niveau
sur la
sécurité
alimentaire
mondiale
témoigne
avec
éloquence
de la
préoccupation
qui
agite la
communauté
internationale
et de sa
prise de
conscience
quant à
la
nécessité
accrue
d'oeuvrer
pour
assurer
l'accès
à une
alimentation
suffisante,
saine et
équilibrée,
qui est
à la
base du
développement,
de la
stabilité
sociale
et de la
vie dans
la
liberté
et la
dignité.
Cette
conférence
se
réunit
dans une
conjoncture
délicate,
marquée
par de
fortes
pressions
liées à
la
demande
sur le
marché
mondial
des
produits
de base
et au
renchérissement
spectaculaire
du coût
de
l'énergie.
Ce
dernier
facteur
accentue
les
périls
qui
pèsent
sur la
croissance
et la
stabilité,
surtout
dans les
pays non
producteurs
de
pétrole,
qui
souffrent
cruellement
des
effets
de la
sécheresse,
de la
désertification
et de la
pénurie
des
ressources
hydriques,
notamment
dans la
région
africaine
du Sahel
et la
rive sud
de la
Méditerranée,
auxquelles
appartient
le
Maroc.
Face à
la
flambée
des prix
des
matières
énergétiques,
on s'est
tourné
vers les
biocarburants
comme
sources
d'énergie
alternatives,
tant et
si bien
que,
dans bon
nombre
de pays,
les
agriculteurs
ont été
amenés à
transformer
de
vastes
étendues
consacrées
initialement
à la
culture
vivrière
de base,
pour en
faire
des
surfaces
dédiées
à la
production
de la
bioénergie.
Si ce
type de
biocarburants
-dont
l'usage
est
dicté
désormais
par des
impératifs
purement
économiques-
est à
même de
contribuer
à
diversifier
les
ressources
énergétiques,
sa
production
doit,
néanmoins,
se plier
à une
certaine
éthique
de sorte
que les
terres
fertiles
consacrées
à la
culture
des
produits
alimentaires,
puissent
être
préservées
et que
les
terres
arides
et
semi-arides
soient
affectées
à la
production
de ce
type
d'énergie.
Les
cours
internationaux
de la
plupart
des
denrées
alimentaires
de
première
nécessité,
notamment
les
céréales,
dont le
riz,
atteignent
aujourd'hui
une
hausse
record,
à un
moment
où les
stocks
ont
dégringolé
à leur
plus bas
niveau.
Par
ailleurs,
outre
l'aggravation
des
dérèglements
climatiques,
cette
situation
est
exacerbée
par la
multiplication
des
catastrophes
naturelles,
l'amenuisement
des
terres
arables
et la
prolifération
des
conflits
armés.
Face à
cette
situation
et à ces
changements
périlleux,
notre
conférence
constitue
aujourd'hui
une
occasion
propice
pour
prendre
les
mesures
d'urgence
qui
s'imposent
pour en
atténuer
les
effets
et
élaborer
une
stratégie
globale
permettant
de
remédier
aux
causes
profondes
qui les
sous-tendent.
Et c'est
précisément
cette
démarche
que le
Maroc a
adoptée
dans sa
politique
nationale,
régionale
et
internationale.
A cet
égard,
le
gouvernement
du
Royaume
du Maroc
a, sous
l'impulsion
de Notre
Majesté,
adopté
le "Plan
Maroc
Vert",
comme
nouvelle
stratégie
nationale,
ayant
pour
vocation
de
réaliser
un
développement
agricole
ambitieux.
Il
s'agit
d'un
programme
pragmatique
destiné
à
assurer
le
développement
rapide
de
l'agriculture
marocaine
et un
accroissement
annuel
du PNB,
à la
mesure
des
potentialités
de notre
pays.
Ce plan
vise à
faire du
secteur
agricole
le
principal
moteur
du
développement
économique
national,
au cours
des
quinze
années à
venir,
et ce,
en
passant
du
schéma
dichotomique
traditionnel
agriculture
moderne
Vs
agriculture
sociale,
à une
vision
stratégique
garantissant
une
certaine
harmonie
entre
toutes
les
catégories
sociales
et les
régions.
Ceci
requiert
évidemment
le
renouvellement
et la
restructuration
du tissu
des
intervenants,
par
l'encouragement
de
l'investissement
privé,
et
l'adoption
du
modèle
d'"agrégation"
qui a
fait la
preuve
de son
efficacité
et de
son
succès
aux
niveaux
national
et
international.
Nous
attendons
de ce
plan
qu'il
ait des
retombées
socio-économiques
significatives,
se
traduisant
essentiellement
par une
nouvelle
vague
d'investissements,
la
création
d'emplois
additionnels,
le
doublement,
voire le
triplement
des
revenus
de
quelque
trois
millions
de
personnes
du monde
rural.
Afin de
faire
face aux
conséquences
et aux
ramifications
des
dérèglements
climatiques
qui ont
des
effets
pervers
sur la
production
agricole,
Nous
avons
créé une
Caisse
Nationale
de
Solidarité
Sectorielle
et de
Développement
Rural.
Nous
avons,
en
outre,
pris des
mesures
fiscales,
en
abaissant
le plus
possible,
les
droits
d'importation
des
céréales
qui
constituent
l'aliment
de base
pour le
peuple
marocain
en
général.
Nous
avons
également
veillé à
ce que
soient
renforcés
les
programmes
nationaux
en
matière
de
reboisement,
de
création
de
bassins
versants
additionnels
et de
protection
des
retenues
des
barrages.
De plus,
et afin
d'assurer
une
sécurité
alimentaire
durable,
tout en
faisant
face aux
défis
liés aux
changements
climatiques,
le Maroc
s'est
engagé
dès 1995
dans une
stratégie
Nationale
de
Protection
de
l'Environnement
et du
Développement
Durable.
Dans ce
contexte,
Nous
avons
lancé,
il y a
trois
ans,
sous
forme de
projets
concrets,
l'Initiative
Nationale
pour le
Développement
Humain (INDH),
visant à
accélérer
le
rythme
de notre
développement
et à
résorber
la
pauvreté,
la
précarité
et
l'exclusion
sociale,
surtout
en
milieu
rural.
Marquant
son
adhésion
à la
dynamique
mondiale
de mise
en
oeuvre
des
mécanismes
et des
accords
juridiques
internationaux,
élaborés
en
matière
d'environnement
et de
sécurité
alimentaire,
le Maroc
a
ratifié,
dès
1995, la
Convention
des
Nations
Unies
sur les
Changements
Climatiques.
De même
que
notre
pays a
abrité,
en 2001,
la 7ème
Conférence
des
Parties
ayant
facilité
l'entrée
en
vigueur
du
Protocole
de
Kyoto.
Monsieur
le
Président.
Garantir
la
sécurité
alimentaire
pour
tous et
faire
face aux
changements
climatiques
sont
deux
défis
que la
communauté
internationale
ne
saurait
relever
sans une
coopération
internationale
renforcée,
une
coopération
Nord-Sud
plus
intense
et une
coopération
Sud -
Sud plus
efficace.
Dans ce
cadre,
le Maroc
appelle
à la
création
d'un
Fonds
Multilatéral
ayant
pour
objectif
le
renforcement
des
capacités
et le
transfert
technologique
aux pays
en
développement,
à des
conditions
préférentielles,
ainsi
que le
financement
de
mesures
d'adaptation
aux
effets
induits
par les
changements
climatiques.
Nous
avons
grand
espoir
que le
nouveau
régime
climatique,
issu en
décembre
2007 de
la
Conférence
de Bali,
apportera
des
mécanismes
de
concertation
appropriés
et des
solutions
définitives
aux
questions
liées à
la
sécurité
alimentaire
des
populations
les plus
démunies,
et ce,
dans le
cadre de
la
coopération
internationale
multilatérale.
A cet
égard,
Je tiens
à
réitérer
la
disposition
du Maroc
à
participer
activement
à ce
processus
en
contribuant
à
l'identification
des
mesures
permettant
l'élaboration
d'une
Charte
de la
bioénergie
de
nature à
répondre
aux
impératifs
de la
sécurité
alimentaire
et de
l'agriculture,
aux
nécessités
du
développement
durable,
ainsi
qu'aux
exigences
de la
mise au
point
des
politiques
et des
stratégies
nécessaires
pour la
concrétisation
des
Objectifs
du
Millénaire
pour le
Développement.
C'est
dans le
même
esprit,
d'ailleurs,
que le
Maroc
apporte
son
appui
aux
efforts
en cours
pour
encourager
et
optimiser
les
cultures
vivrières,
surtout
en
Afrique
et dans
les pays
en
développement
importateurs
de
denrées
alimentaires.
Il
importe,
également,
de
prendre
les
mesures
collectives
qui
s'imposent
pour
assurer
une
libéralisation
effective
du
commerce
des
produits
agricoles
et
garantir
la
stabilité
du
marché
des
denrées
alimentaires.
Il
s'agit
aussi de
rehausser
le
niveau
de
l'aide
publique
au
développement,
de
mettre
en place
des
mécanismes
novateurs
pour le
financement
des
projets
de
développement
et de
répondre
aux
demandes
d'aide
émanant
des pays
les plus
pauvres,
outre la
nécessité
de
mettre
en place
un cadre
consensuel
et
d'adopter
des
orientations
coordonnées
en
matière
de
production
de
biocarburants.
A cette
occasion,
Je
réaffirme
que le
Maroc se
félicite
de la
décision
de Son
Excellence
M. Ban
Ki-moon,
Secrétaire
Général
de
l'Organisation
des
Nations
Unies,
portant
création
d'un
groupe
de
spécialistes,
composé
d'éminents
experts
et de
hauts
responsables
de
politiques
publiques,
pour se
pencher
sur la
question
de la
sécurité
alimentaire.
Je suis
persuadé
que les
travaux
de notre
rencontre
déboucheront
sur des
résultats
tangibles
permettant
de
concrétiser
notre
objectif
commun :
celui de
mettre
en place
les
mécanismes
nécessaires
pour
garantir
la
sécurité
alimentaire
à
l'ensemble
de la
population
mondiale
et
permettre
la
réalisation
des
Objectifs
du
Millénaire
pour le
Développement
à
l'horizon
2015, et
ce, pour
le plus
grand
bien de
l'humanité
tout
entière.
Je vous
remercie
pour
votre
aimable
attention.
Wassalamou
alaîkoum
wa
Rahmatoullahi
wa
Barakatouh". |