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Discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu L’assiste à l’occasion de la Rencontre Nationale des collectivités locales.
Agadir,
12/12/2006
"Louange
à Dieu.
Prière
et salut
soient
sur le
Prophète,
Sa
famille
et Ses
compagnons.
Mesdames,
Messieurs.
Il Nous
est
agréable
de
présider
l'ouverture
de ces
rencontres
nationales
sur les
collectivités
locales
et
d'exprimer
à
l'ensemble
des
participants,
en
l'occurrence
les
élus,
les
responsables
administratifs
dans les
régions,
les
wilayas,
les
préfectures
et les
provinces
ainsi
que les
représentants
des
différentes
associations
de la
société
civile,
Notre
satisfaction
quant
aux
efforts
soutenus
qu'ils
déploient
pour le
développement
de la
démocratie
locale.
Nous
sommes
attaché
à cette
démocratie
avec
d'autant
plus de
sollicitude
qu'elle
constitue
un
levier
majeur
pour
réaliser
l'essor
économique
et
social
que Nous
souhaitons
pour
notre
pays, et
favoriser
l'avènement
d'une
citoyenneté
digne et
responsable.
La tenue
de ces
rencontres
coïncide
avec le
trentième
anniversaire
de la
promulgation,
en 1976,
de la
Charte
communale
avant-gardiste.
C'est
l'occasion
pour
Nous de
songer,
non sans
fierté,
aux
progrès
réalisés
par
notre
pays
pour
assurer
l'ancrage
de la
décentralisation,
que ce
soit en
dotant
les
collectivités
locales
de
larges
prérogatives
et des
ressources
financières
et
humaines
nécessaires
à la
gestion
des
affaires
locales,
ou en
procédant
à
l'instauration,
et à la
constitutionnalisation
de la
Région,
en tant
qu'espace
propice
à la
réalisation
d'un
développement
local
intégré
et
diversifié,
et en
tant que
pilier
majeur
pour
l'édification
d'un
Etat
marocain
moderne.
Eu égard
à la
volonté
qui Nous
anime
d'assurer
le
renforcement
de la
démocratie
et de l'Etat
de droit
et des
institutions,
et de
consolider
l'ancrage
du
nouveau
concept
d'autorité,
Nous
avons
tenu à
ce que
l'on
procède
à une
révision
en
profondeur
du cadre
juridique
régissant
les
collectivités,
les
préfectures
et les
provinces.
Ainsi,
nous
avons pu
définir
un
statut
de
l'élu,
précisant
ses
droits
et ses
obligations,
tout en
dotant
les
conseils
élus
d'une
autonomie
et
d'attributions
élargies
pour ce
qui
touche
au
développement.
De même
qu'il a
été
possible
de
mettre
en place
des
mécanismes
efficients
de
contrôle
et de
moralisation
de la
gestion
des
affaires
locales,
et ce,
parallèlement
à la
réduction
de la
tutelle
et à
l'adoption
d'un
nouveau
mode
d'organisation
des
grandes
communes
urbaines.
Si les
collectivités
locales
disposent
d'importantes
ressources
autonomes,
l'exercice
effectif
des
attributions
qui leur
ont été
conférées
requiert,
néanmoins,
une
réforme
de leur
système
fiscal,
financier
et
comptable,
dans le
sens
d'une
plus
grande
simplification,
d'une
meilleure
gestion
et d'une
productivité
accrue.
Mesdames,
Messieurs.
Ces
rencontres
nationales,
placées
sous le
thème :
"le
développement
des
villes :
citoyenneté
et
responsabilité",
constituent,
pour les
élus
locaux,
les
représentants
des
pouvoirs
publics
et les
acteurs
de la
société
civile,
une
occasion
propice
pour
faire le
point
des
réalisations
et des
programmes
de
développement
intégré
qui ont
été
accomplis.
C'est
également
l'occasion
pour eux
d'identifier
les
dysfonctionnements
liés à
la
gestion
de ces
activités
et de
songer à
de
nouveaux
modes de
gestion
de
nature à
aider
les
villes à
relever
les
défis de
la
mondialisation
et à
répondre
aux
impératifs
de
compétitivité
internationale.
Le fait
d'avoir
retenu,
pour ces
rencontres,
une
thématique
touchant
d'importants
volets
de la
gestion
des
affaires
locales,
comme la
gouvernance
dans les
villes,
la
gestion
des
services
publics
et le
développement
urbain,
confirme
à quel
point
vous
mesurez
l'importance
du rôle
que
jouent
les
villes
en tant
que
locomotive
pour le
développement
socio-économique
et
culturel.
A cet
égard,
Nous
saluons
l'approche
participative
et les
propositions
qui ont
été
adoptées
lors des
travaux
préparatoires
régionaux
de ces
rencontres.
Notre
ambition
est
grande
de faire
en sorte
que les
villes
et les
collectivités
locales,
au même
titre
que l'Etat,
le
secteur
privé et
la
société
civile,
deviennent
de
véritables
partenaires
dans le
processus
de
développement
global
de notre
pays,
ainsi
qu'une
force de
proposition
pour la
mise en
uvre des
différentes
stratégies
nationales.
La bonne
gouvernance
est
devenue
un outil
majeur
pour la
gestion
des
grandes
villes.
Nos
cités
doivent,
donc,
s'orienter
vers un
système
permettant
d'ouvrir
la voie
à des
initiatives
fondées
sur une
approche
contractuelle
et
participative
associant
l'Etat
et les
villes,
et
favorisant
l'adhésion
des
divers
acteurs
politiques,
économiques
et
sociaux,
ainsi
que la
participation
des
citoyens
aux
différentes
phases
d'exécution
des
programmes
locaux.
Mesdames,
Messieurs.
Nos
villes
ont
connu un
essor
démographique
et une
expansion
urbanistique
tels
qu'il en
a
résulté
un
empiètement
de leurs
périphéries
sur le
milieu
rural,
ainsi
qu'un
accroissement
des
besoins
des
populations
en
termes
d'infrastructures
et de
services
de base.
Cet état
de
choses
requiert,
donc,
l'adoption
d'une
vision
globale,
permettant
d'anticiper
et de
maîtriser
les
implications
de cette
expansion.
Il
s'agit
aussi
d'aménager
de
nouvelles
zones
d'urbanisation
et
d'instaurer
un
équilibre
entre la
ville et
les
agglomérations
rurales
adjacentes.
Ce que
Nous
visons,
en
définitive,
ce n'est
pas
uniquement
d'avoir
des
villes
sans
bidonvilles,
ni d'y
substituer
des
blocs de
béton
sans
âme,
réfractaires
à toute
sociabilité.
Nous
entendons,
plutôt,
ériger
nos
cités en
espaces
propices
à la vie
en bonne
intelligence,
dans la
convivialité
et la
dignité,
et en
faire
des
pôles
d'investissement
et de
production,
et des
agglomérations
attachées
à leur
spécificité
et à
l'originalité
de leur
cachet.
Nonobstant
les
multiples
compétences
légales
reconnues
aux
collectivités
locales
en
matière
de
gestion
des
affaires
locales,
les
tournées
d'information
que Nous
avons
effectuées
à
travers
les
différentes
régions
du
Royaume,
Nous ont
permis
de
prendre,
in situ,
la
mesure
du
décalage
qui
existe
entre
les
exigences
du
développement
économique
et les
équipements
disponibles
dans
certaines
régions.
Aussi,
appelons-Nous
les élus
et les
acteurs
concernés
par le
développement
des
villes,
à
redoubler
d'efforts
afin
d'assurer
les
infrastructures
nécessaires
et de
veiller
à ce que
les
services
publics
fournissent
des
prestations
de
qualité,
efforts
qui
devraient
s'inscrire
dans le
cadre de
la
politique
de
proximité
que Nous
conduisons.
Il leur
appartient
également
d'accorder
une
attention
particulière
aux
quartiers
périphériques,
en
s'investissant
pleinement
dans les
programmes
de
l'Initiative
Nationale
pour le
Développement
Humain (INDH).
Telle
est la
voie
idoine à
suivre
pour
réconcilier
le
citoyen
avec les
conseils
communaux,
en tant
qu'institutions
démocratiques
vouées
au
développement,
et non
comme
tremplins
pour
servir
des
intérêts
personnels
ou
catégoriels.
Mesdames,
Messieurs.
Les
étapes
significatives
franchies
en
matière
d'organisation
décentralisée
sont,
pour
Nous, un
motif de
satisfaction
qui n'a
d'égal
que
Notre
volonté
d'en
consolider
les
fondements
par un
système
de
régionalisation
élargie
et de
déconcentration
administrative.
Ce
système
implique
le
transfert
de la
responsabilité
de la
mise en
uvre, à
l'échelle
locale
et
régionale,
de la
politique
générale
du
gouvernement,
aux
walis et
aux
gouverneurs,
en tant
que
représentants
de l'Etat
au
niveau
territorial.
Il vise
aussi à
ce que
ces
derniers
s'assurent
de la
réalisation
effective
des
programmes
du
gouvernement
par les
services
déconcentrés,
et
agissent
en
interlocuteurs
qualifiés,
pour
soutenir
l'action
des élus
et
l'effort
des
opérateurs
économiques
locaux.
Quels
que
soient
les
progrès
enregistrés
dans le
processus
de sa
consolidation,
le
système
décentralisé
restera
incomplet
et
inadéquat
s'il
n'est
pas
accompagné
et
conforté
par la
réforme
du
système
des
Régions,
la
construction
de pôles
régionaux
homogènes,
et
l'adoption
de la
gestion
déconcentrée
des
affaires
locales.
Il est
donc
temps,
Nous
semble-t-il,
d'imprimer
un
rythme
accéléré
au
processus
de
déconcentration
administrative,
et d'en
élargir
les
compétences,
car il
s'impose
comme
une
nécessité
impérieuse
pour
accompagner
la
régionalisation
élargie
que Nous
nous
employons
résolument
à mettre
en
oeuvre.
A ce
propos,
Nous
engageons
Notre
gouvernement
à
élaborer,
dans les
plus
brefs
délais,
un
projet
reflétant
sa
conception
stratégique
globale
d'un
système
efficace
d'administration
déconcentrée,
reposant
sur
l'approche
territoriale.
Il
s'agit,
pour ce
faire,
d'assurer
le
transfert
de
pouvoirs
centraux
dont il
serait
plus
judicieux
qu'ils
soient
assumés
par
l'administration
locale,
et ce,
conformément
à un
plan
minutieusement
agencé
dans sa
structure
et sa
chronologie.
En
effet,
Notre
approche
régionale
pour la
gestion
des
affaires
locales
procède
de Notre
ferme
conviction
que
chaque
Région
du
Royaume
recèle
d'importantes
potentialités
et
d'atouts
naturels,
urbanistiques
et
culturels,
et
compte
des
forces
vives et
des
élites
qualifiées
et aptes
à
assurer
une
bonne
gestion
de ses
affaires,
selon
les
règles
de
gouvernance
moderne.
Ces
rencontres
constituent
assurément
une
occasion
propice
pour
mener
une
réflexion,
un
dialogue
et un
débat
constructifs,
et
aboutir
à des
recommandations
et des
propositions
pratiques,
susceptibles
d'aider
à
trouver
des
solutions
appropriées
aux
difficultés
et
entraves
d'ordre
organisationnel
et
financier,
qui font
obstacle
au
développement
des
villes
et des
collectivités
locales.
En
effet,
ces
contraintes
sont de
nature à
les
empêcher
de
s'épanouir
dans le
cadre de
projets
ambitieux
et de
plans de
développement
rigoureux,
et dans
un
environnement
propice
à la
démocratie
participative
et à la
vie dans
la
liberté
et la
dignité.
Puisse
Dieu
vous
accorder
aide et
assistance,
couronner
vos
travaux
de
succès
et
guider
vos pas
pour le
plus
grand
bien et
dans
l'intérêt
de notre
chère
patrie.
Wassalamou
alaikoum
warahmatoullahi
wabarakatouh".
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