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Texte
intégral
du
discours
de SM le
Roi au
2-ème
sommet
Afrique-UE.
08/12/07
"Louange
à Dieu.
Prière
et salut
sur le
Prophète.
Sa
famille
et Ses
compagnons.
Monsieur
le
Président
de la
République
du
Portugal.
Messieurs
les
Chefs
d'Etat
et de
Gouvernement.
Excellences.
Mesdames
et
Messieurs.
C'est
pour Moi
un réel
plaisir
de
M'adresser
à ce
2ème
Sommet
des
Chefs
d'Etat
et de
Gouvernement
d'Afrique
et de
l'Union
Européenne
qui
constitue
une
étape
importante
dans le
renforcement
du
dialogue
et des
liens de
solidarité
entre
nos deux
continents.
Il M'est
tout
aussi
agréable
d'exprimer
mes vifs
remerciements
au
gouvernement
et au
peuple
portugais
pour les
efforts
consentis
en vue
d'assurer
le
succès
de ce
Sommet.
Au cours
de notre
Sommet
du
Caire,
tenu en
2000,
nous
avions
jeté
ensemble
les
jalons
d'un
partenariat
bi-continental
novateur
et
ambitieux.
La
philosophie
de notre
projet
collectif
procédait
alors du
sentiment
de
destin
commun
et de la
nature
imbriquée
et
croisée
des
intérêts
et des
enjeux
des pays
africains
et
européens.
L'objectif
que nous
nous
étions
fixé à
cette
occasion
était de
faire de
notre
partenariat
un
levier
de
solidarité
face aux
défis de
la
mondialisation,
un gage
d'intégration
dans les
échanges
internationaux,
un
vecteur
de
rapprochement
culturel,
susceptible
de le
prémunir
des
réflexes
fâcheux
de
méfiance
et de
rejet,
ainsi
qu'un
bon
motif
pour
concrétiser
toutes
les
ambitions
qui ont
été
formulées
alors.
Sept ans
après,
le
Sommet
d'aujourd'hui
nous
offre
une
occasion
historique
pour
évaluer
nos
réalisations,
jeter
les
nouvelles
bases
d'un
partenariat
stratégique,
prometteur
et
fructueux
et
définir
un plan
d'action
concret,
ayant
pour
objectif
le
renforcement
de notre
concertation
et la
convergence
de nos
politiques.
Excellences.
Mesdames
et
Messieurs.
Tout en
faisant
face aux
nouveaux
enjeux
régionaux
et
internationaux
liés
notamment
à la
menace
terroriste,
aux
perturbations
de la
mondialisation
et à la
complexité
des
mouvements
migratoires,
la
majorité
des pays
Africains
se sont
employés,
au cours
de la
période
récente,
à
enclencher
des
dynamiques
endogènes
de
réformes
et de
transformation
et à
relever
les
défis
auxquels
ils font
face.
Par ces
dynamiques
et à
travers
ses
récentes
performances
économiques,
notre
continent
envoie
un
signal
fort à
ses
partenaires,
celui
d'une
Afrique
qui
bouge,
d'une
Afrique
en
pleine
mutation,
d'une
Afrique
résolue
à
s'engager
sur la
voie
d'un
changement
durable
et à
jouer
pleinement
son rôle
dans les
nouveaux
équilibres
mondiaux.
Cependant,
de tels
efforts
sont
entrepris
alors
même que
le
continent
africain
demeure
confronté
aux
défis de
la
pauvreté,
de
l'analphabétisme,
du
chômage,
des
pandémies
et des
problèmes
écologiques.
Parallèlement,
l'Afrique
continue
à
abriter
des
foyers
de
tensions
et de
conflits
armés
qui
occasionnent
une
énorme
hémorragie
de ses
capacités,
ce qui
se
traduit
par des
effets
pervers
et
détourne
malheureusement
le
continent
africain
des
vrais
objectifs
de
développement
qui sont
les
siens.
Aussi,
est-il
de notre
devoir
de
soutenir
les
efforts
que les
pays
africains
ne
cessent
de
déployer
pour la
prévention,
la
gestion
et le
règlement
des
conflits
par les
voies
pacifiques,
ainsi
qu'en
matière
de
reconstruction.
Mais il
est deux
défis
autrement
plus
dangereux,
à savoir
la
tentation
de la
balkanisation
des
entités
nationales
et
l'appui
aux
mouvements
séparatistes
et aux
entités
factices,
qui
n'ont
d'ailleurs
pas de
place
dans un
monde
marqué
par la
prévalence
des
grands
ensembles.
Cette
situation
d'instabilité
constitue
un
terreau
fertile
aux
trafics
d'armes,
de
drogues
et
d'êtres
humains,
et à la
prolifération
de
nébuleuses
terroristes
qui
menacent
la
stabilité
de la
région
tout
entière.
Ainsi,
et pour
urgent
qu'il
soit, le
traitement
que
réservera
notre
partenariat
aux
défis
qui se
posent à
l'Afrique,
devrait
être
précédé
par une
réponse
stratégique
à la
menace
lancinante
qui
guette
la
souveraineté,
l'unité
nationale
et
l'intégrité
territoriale
de
chaque
pays
africain.
L'on
peut
donc
dire que
si la
paix et
la
sécurité
sont
deux
conditions
nécessaires
au
développement
durable,
la
préservation
de
l'unité
et de
l'entente
nationales
et les
efforts
d'intégration
régionale
sont
autant
d'impératifs
pressants
pour
resserrer
les
solidarités
et
résorber
les
tensions.
En
effet,
les
litiges
et
contentieux
souvent
anachroniques
parce
qu'hérités
d'un
passé
révolu,
ne
sauraient
trouver
de
solution
que par
le
dialogue
et la
concertation
et dans
un
esprit
d'ouverture
et de
réalisme.
De
telles
solidarités
supposent
également
que les
vertus
de bon
voisinage
et de
respect
mutuel
doivent
prévaloir
en toute
circonstance
et ne
sauraient
souffrir
d'actes
susceptibles
de
heurter
les
sentiments
nationaux.
Excellences.
Mesdames
et
Messieurs.
Fiers
des
liens
séculaires
qui
unissent
le Maroc
à son
environnement
africain
et
fidèles
à
l'engagement
stratégique
du
Royaume
de
promouvoir
la
coopération
Sud-Sud,
nous
nous
sommes
attelés
à
développer
des
relations
bilatérales
confiantes,
solidaires
et
mutuellement
bénéfiques
avec nos
pays
africains.
A cet
égard,
J'ai
effectué,
ces
dernières
années,
de
nombreuses
visites
dans les
pays
africains
frères
pour Me
concerter
avec
leurs
dirigeants
et
M'informer
des
possibilités
de
complémentarité
et
d'échanges
entre le
Maroc et
les
autres
pays de
notre
continent,
notamment
dans le
cadre de
nos
objectifs
partagés
en
matière
de
développement
durable.
L'action
du
Royaume
du Maroc
envers
les pays
africains
frères
vise
constamment
à
promouvoir
les
valeurs
de
participation,
de
proximité
et de
solidarité.
Elle
s'inspire,
ce
faisant,
de
l'Initiative
Nationale
de
Développement
Humain,
que
J'avais
lancée
au
printemps
2005.
Ainsi,
et tout
en nous
réjouissant
des
résultats
positifs
enregistrés
et des
projets
réalisés
avec
plusieurs
pays
africains,
nous
réitérons
notre
ferme
engagement
à
conforter
cette
méthodologie
participative
qui
favorise
l'échange
des
expériences
et du
savoir-faire
avec nos
frères
d'Afrique
et la
concrétisation
de
projets
destinés
à
améliorer
les
indicateurs
de
développement
humain,
et à
promouvoir
la
réalisation
des
Objectifs
du
Millénaire
pour le
Développement.
Nous
nous
engageons
aussi à
oeuvrer
au
raffermissement
de ces
échanges
dans le
cadre
d'une
coopération
triangulaire
agissante
et
solidaire,
au
bénéfice
de
l'ensemble
des pays
africains
frères,
et dans
laquelle
l'Union
Européenne
jouera
un rôle
important.
En
effet,
de par
sa
position
géographique,
son
histoire
et ses
traditions,
le
Royaume
du Maroc
a
toujours
été une
terre de
dialogue
et de
rencontres.
Il reste
aujourd'hui
un
espace
de
concrétisation
de la
coopération
et de la
solidarité
tant
interafricaine
qu'euro-africaine.
Nous
saluons,
à cet
égard,
l'initiative
prometteuse
lancée
par
Notre
Grand
Ami, Son
Excellence
le
Président
de la
République
Française,
Monsieur
Nicolas
Sarkozy,
appelant
à
oeuvrer
pour
l'édification
d'un
partenariat
euro-africain
novateur,
dont la
Méditerranée
sera
l'axe et
le
pivot.
Une
telle
initiative,
Nous en
sommes
persuadé,
est de
nature à
conférer
à notre
partenariat
un élan
stratégique
indéniable.
Excellences.
Mesdames
et
Messieurs.
Parmi
les
multiples
défis
auxquels
l'Afrique
fait
face
figurent
les
problèmes
de
l'environnement.
Prenant
une
ampleur
inquiétante,
la
déforestation
galopante,
la
désertification
rampante,
la
dégradation
des
sols, la
sécheresse,
les
problèmes
d'accès
à l'eau
et le
changement
climatique
demeurent
des
facteurs
d'aggravation
de la
pauvreté
et de
menace
pour la
stabilité
des
populations.
Aussi
notre
Sommet
devrait-il
nous
permettre
d'imprimer
à notre
partenariat
une
nouvelle
dynamique,
à la
hauteur
des
enjeux
du
développement
durable
et des
changements
climatiques,
et
oeuvrer
pour le
renforcement
des
capacités
africaines
d'adaptation
et de
maîtrise
de ces
phénomènes
dont les
effets
pourraient
être
dévastateurs.
Un tel
engagement
est
nécessaire
du fait
qu'une
dialectique
vertueuse
entre
les
enjeux
de
l'environnement
et ceux
du
développement,
permettra
assurément
une plus
grande
stabilité
des
populations
et une
meilleure
maîtrise
des
mouvements
migratoires.
Ce
phénomène,
qui
connaît
une
forte
accélération
dans le
contexte
de la
mondialisation,
revêt
une
dimension
particulière
dans
l'espace
afro-européen,
où il
exprime
fondamentalement
les
disparités
économiques
et
démographiques
entre
nos deux
continents.
Seule
une
gestion
concertée
et
maîtrisée,
dans le
cadre
d'une
approche
globale
et
intégrée,
de ces
mouvements
migratoires,
nous
permettra
de
répondre
aux
préoccupations
qu'ils
suscitent
et aux
tensions
qu'ils
provoquent,
et de
tirer le
meilleur
parti de
leur
apport
indéniable
pour le
développement
au sein
de notre
espace
bi-continental,
au nord
comme au
sud.
C'est
dans cet
esprit
que la
conférence
euro-africaine
sur la
migration
et le
développement,
abritée
par le
Royaume
du Maroc
en
juillet
2006, a
mis en
orbite
la
concertation
entre
nos deux
continents
en la
matière.
Elle a
également
révélé
que la
réponse
à la
problématique
migratoire
contemporaine
ne peut
être ni
nationale,
ni
bilatérale,
et
encore
moins
strictement
sécuritaire.
Elle
doit
nécessairement
être
collective,
transrégionale,
multidimensionnelle,
prospective
et
surtout
humaine.
Notre
espoir
est
grand de
voir la
prochaine
conférence
euro-africaine,
prévue
en
France
au
deuxième
semestre
2008,
déboucher
sur une
plus
grande
implémentation
du Plan
d'Action
de
Rabat, à
travers
notamment
la prise
en
charge
des
différents
problèmes
inhérents
au
mouvement
migratoire.
Excellences.
Mesdames
et
Messieurs.
L'ampleur
des
enjeux
auxquels
nous
sommes
confrontés,
tout
comme le
formidable
potentiel
de la
relation
entre
nos deux
continents,
nous
offrent
une
opportunité
sans
précédent
pour la
promotion
d'un
partenariat
novateur
entre
une
Europe
unie et
une
Afrique
émergente
, un
partenariat
solide
et
équitable,
basé sur
le
respect
et la
promotion
des
intérêts
mutuels.
L'Afrique
et
l'Union
Européenne
devront
faire en
sorte
que la
mondialisation
devienne
une
force
positive
pour le
développement
et non
un
facteur
de
marginalisation.
Le
développement
durable,
le
commerce
et
l'intégration
régionale
devront
être, à
cet
égard,
parmi
les
thématiques
centrales
de la
coopération
entre
les deux
continents.
Dans
cette
perspective,
il sera
pertinent
de
prendre
en
considération
la donne
régionale
africaine,
en
s'appuyant
particulièrement
sur la
gamme
plurielle
et
diversifiée
des
cadres
de
coopération
établis
entre
chacune
des
régions
africaines
et
l'Union
européenne
(Accord
de
Cotonou,
Partenariat
Euro-méditerranéen,
Politique
de
Voisinage).
Car,
au-delà
de la
cohérence
stratégique
d'ensemble
qui
devrait,
certes,
permettre
d'appréhender
l'Afrique
dans sa
globalité,
les
instruments
opérationnels
de notre
partenariat
devraient
donner
la place
qui leur
revient
aux
Communautés
Economiques
Régionales
(CERs)
qui
constituent
les
noyaux
durs et
les
préalables
à toute
intégration
régionale.
Dans cet
esprit,
nous
formons
l'espoir
que les
Accords
de
Partenariat
Economique,
que
l'Union
européenne
est en
train de
négocier
avec
chacune
des
régions
d'Afrique
puissent
répondre
aux
attentes
et aux
aspirations
des pays
africains
frères.
Excellences.
Mesdames
et
Messieurs.
La mise
en place
d'une
nouvelle
dynamique
de
dialogue
et de
concertation
politiques
entre
nos deux
continents,
permettant
de
promouvoir
la paix
et la
sécurité,
favoriser
les
normes
de bonne
gouvernance
et
renforcer
la
coopération
dans les
domaines
économiques,
sociaux,
techniques,
culturels
et
humains,
devrait
constituer
le socle
de notre
partenariat
pour les
années à
venir.
La
réalisation
en
commun
de tous
ces
objectifs
requiert
un suivi
régulier
aux
niveaux
politique
et
technique,
afin que
la
Stratégie
Conjointe
et le
Plan
d'Action
qui
seront
adoptés
par
notre
conférence
puissent
produire
leurs
pleins
effets.
Excellences.
Le
cheminement
que
notre
partenariat
est
appelé à
faire
est
désormais
clair.
Nous
formons
le voeu
qu'à
l'occasion
de notre
prochaine
conférence
au
Sommet,
il nous
sera
possible
de
constater
les
avancées
substantielles
que
notre
partenariat
aura
réalisées.
Je vous
remercie
de votre
attention.
Wassalamou
alaikoum
warahmatollahi
wabarkatouh". |