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Texte
intégral
du
Message
adressé
par Sa
Majesté
le Roi
au
Sommet
arabe
sur les
questions
économiques,
sociales
et de
développement,
qui se
tient à
Koweït
sous le
thème
"la
solidarité
avec le
peuple
palestinien
à Gaza".
19/01/09
"Louange
à Dieu.
Prière
et salut
sur le
Prophète,
Sa
famille
et Ses
compagnons.
Votre
Altesse,
Cheikh
Sabah Al
Ahmed Al
Jabir
Assabah,.
Président
du
Sommet,.
Majestés,
Excellences,
Altesses,.
Excellences,.
Il
m'est
agréable
d'adresser
mes vifs
remerciements
à mon
vénérable
frère,
Son
Altesse
Cheikh
Sabah Al
Ahmed Al
Jabir
Assabah,
Emir de
l'Etat
du
Koweït
frère,
qui
accueille
aimablement
ce
sommet
et en
assure
la
présidence
avec
sagesse.
Je tiens
également
à rendre
hommage
à Son
Excellence
M. Amr
Moussa,
Secrétaire
général
de la
Ligue
des
Etats
arabes,
pour les
efforts
investis
dans la
préparation
de ce
sommet.
La
conjoncture
arabe où
se tient
le
présent
Sommet,
qui
devait
initialement
être
consacré
aux
questions
de
développement,
est si
délicate
que nous
nous
devons
de nous
pencher
sur les
questions
politiques
pressantes
qui
interpellent
notre
Nation,
notamment
et au
premier
chef, la
cause
cruciale
du
peuple
palestinien
frère.
Le Maroc
réaffirme
son
engagement
inébranlable
d'assurer
à ce
peuple
vaillant
son
soutien
indéfectible
et sa
solidarité
concrète.
Ce
faisant,
il ne se
contente
pas de
fustiger
l'odieuse
agression
israélienne
contre
la bande
de Gaza.
En
effet,
nous
considérons
que
l'aggravation
de la
tragédie
qui
frappe
ce
peuple
meurtri
exige
que nous
fassions
preuve
d'une
volonté
commune
et d'une
vision
collective.
A cet
égard,
il
faudrait
envisager
une
action
sincère,
utile et
efficiente
pour
mettre
un terme
à
l'agression,
au
blocus,
à
l'occupation
et à la
violence
et pour
faire
lever le
blocus
injuste.
C'est à
cette
mission
que
s'emploient
le Roi,
le
gouvernement
et le
peuple
du Maroc
avec la
sincérité
et
l'engagement
nécessaires.
Dans une
conjoncture
aussi
délicate,
les
formalismes
de bon
aloi et
les
professions
de foi
ne sont
plus de
mise. La
situation
exige
plutô t
un
engagement
effectif
et une
fermeté
résolue
dans
l'application
de la
légalité
internationale.
La
communauté
internationale
se
trouve
aujourd'hui
face à
un
véritable
test
dans la
région
du Moyen
Orient
où
couvent
de
multiples
foyers
de
tension,
qui non
seulement
menacent
sa
stabilité
et sa
sécurité,
mais ils
mettent
également
en
danger
la
sécurité
et la
paix
internationales.
Ce qui
complique
encore
plus la
situation,
c'est le
refus
obstiné
d'Israël
de
mettre
un terme
à ce
conflit
lancinant
sur la
base des
résolutions
de la
légalité
internationale
et
l'initiative
de paix
arabe,
laquelle
admet le
principe
d'établir
des
relations
normales
avec
Israël
en
échange
de son
retrait
total de
tous les
territoires
arabes
occupés.
Le drame
qu'ils
vivent
actuellement
impose à
tous les
Palestiniens
de faire
preuve
davantage
de sens
de
responsabilité
et
d'abnégation,
et de se
départir
des
calculs
étriqués.
Ils se
doivent
donc,
pour ce
faire,
de
resserrer
les
rangs et
de
régler
leurs
divergences
par un
dialogue
fraternel
et
constructif.
Il leur
appartient
également
de ne
pas
perdre
de vue
les
immenses
sacrifices
que les
fils du
peuple
palestinien
n'ont
cessé de
consentir
depuis
plus
d'un
demi-siècle,
en
Cisjordanie
et dans
la bande
de Gaza.
Il est
de notre
devoir
en tant
qu'Arabes
d'ajuster
nos
initiatives,
de
manière
à servir
l'unité
du
peuple
palestinien
en
l'aidant
à
transcender
ses
dissensions,
loin des
tiraillements
dont il
pourrait
faire
l'objet,
quelles
qu'en
soient
la
source
et les
finalités,
et à
consolider
ses
institutions
nationales
légitimes.
C'est,
donc, la
voie
judicieuse
à
emprunter
pour
engager
des
négociations
responsables
et
constructives,
devant
leur
permettre
de
fonder
leur
Etat
indépendant,
avec
Al-Qods
Al-Charif
pour
capitale
- un
Etat
vivant
cô te à
côte
avec
Israël-,
et se
fondant
sur
l'initiative
de paix
arabe et
les
résolutions
de la
légalité
internationale
qui
garantissent
une paix
juste,
durable
et
globale
pour
tous les
peuples
de la
région.
Majestés,
Excellences,
Altesses,.
La
question
palestinienne
demeure
au
centre
de défis
majeurs
et
déterminants.
Elle est
au cœur
d'enjeux
stratégiques
non
seulement
externes,
dans la
mesure
où notre
région
est une
zone de
polarisation,
mais
également
internes
en
raison
des
ambitions
de nos
peuples
qui
aspirent
à
l'unité
et au
développement,
objectifs
dont la
concrétisation
reste
tributaire
de la
capacité
à
relever
ces
défis.
De ce
fait, il
nous
incombe
à tous
d'œuvrer
en toute
responsabilité
pour
favoriser
l'avènement
d'un
climat
marqué
du sceau
du
dialogue,
de la
clarté
et de la
volonté
sincère
de
dissiper
les
malentendus,
à
commencer
par
l'assainissement
des
relations
interarabes
et le
dépassement
des
différends
conjoncturels,
devenus
hélas
chroniques,
et des
conflits
artificiels
qui les
caractérisent.
Notre
objectif
commun
est de
poser
les
jalons
d'un
système
régional
arabe
fondé
sur les
principes
de
solidarité,
de
complémentarité
et
d'intégration,
et ce,
dans le
respect
de
l'unité
des
Etats
arabes,
de leurs
spécificités
et de
leurs
constantes
nationales
respectives.
Face à
cette
situation
sensible,
il est
nécessaire
de
renforcer
les
capacités
de la
Nation
pour
parvenir
à
l'édification
d'une
force
économique
en son
sein. En
fait,
c'est le
meilleur
argument
à faire
valoir à
l'appui
des
prises
de
position
politiques.
En
optant
pour
cette
démarche,
nous
aurons
répondu
judicieusement
aux
aspirations
de nos
peuples
que nous
aurons
dotés,
de
surcroît,
de la
capacité
de
gagner
et faire
prévaloir
leurs
justes
causes.
Notre
Sommet
se tient
dans une
conjoncture
financière
internationale
aussi
délicate
qu'inédite,
aggravée,
en plus,
par une
crise
alimentaire
et par
une
mondialisation
féroce,
avec ses
effets
pervers
sur la
croissance
économique.
Tout
ceci
interpelle
notre
Nation
pour
qu'elle
sache
dans
quelle
mesure
elle
peut
donner
corps à
sa
volonté
commune
de faire
du
développement
une
véritable
locomotive
pour
assurer
l'unité
et la
prospérité
du monde
arabe et
afin de
conforter
sa
posture
sur
l'échiquier
international.
Dans ce
contexte,
la mise
en
œuvre
d'un
plan de
développement
et la
réalisation
de la
complémentarité
économique
à
l'échelle
de toute
la
Nation
constituent
le
premier
défi
décisif
pour le
monde
arabe.
Et si je
dis
"mise en
œuvre",
c'est
parce
qu'on
assiste
trop
souvent
dans le
monde
arabe à
une
prédominance
de la
théorisation,
au
détriment
de
l'action
concrète.
Tant et
si bien
que
l'unité
tend, en
l'absence
d'une
stratégie
pratique,
à se
muer en
un
simple
slogan
ou
mirage.
Aussi,
la
crédibilité
de toute
option
économique,
sociale
et
politique
au
niveau
du monde
arabe,
requiert
la mise
en place
d'une
feuille
de route
arabe
pour le
développement.
Celle-ci
doit
avoir un
caractère
contraignant,
viser
des
objectifs
précis
et
disposer
des
mécanismes
nécessaires,
d'autant
plus que
nos pays
possèdent
les
atouts
qu'il
faut
pour
réaliser
leur
intégration.
Ils sont
notamment
unis par
des
liens
spirituels,
civilisationnels
et
culturels
séculaires,
et
jouissent
d'une
position
géostratégique
privilégiée.
Ils
recèlent,
en
outre,
des
ressources
humaines
et
naturelles
complémentaires,
quoiqu'elles
n'aient
pas été
mises en
valeur
de façon
optimale.
Le but
ultime
de nos
politiques
économiques
et
sociales
est
d'assurer
au
citoyen
arabe
toutes
les
conditions
d'une
vie
libre et
digne.
Mais la
réalisation
de cet
objectif
passe
par
l'exploitation
rationnelle
de nos
potentialités
matérielles.
Elle
exige
d'investir
au
maximum
et de la
façon la
plus
judicieuse
qui soit
dans
notre
richesse
fondamentale,
à savoir
nos
ressources
humaines
et nos
citoyens
qualifiés.
C'est à
partir
de cette
conviction
que nous
avons
lancé
l'Initiative
Nationale
pour le
Développement
Humain
(INDH).
Grâce à
cette
initiative
marocaine
audacieuse
qui
place
l'homme
au cœur
du
processus
de
développement,
nous
avons
obtenu
des
résultats
encourageants
qui ont
déjà
permis
de
réduire
les
phénomènes
de
pauvreté,
et de
marginalisation
et
d'autres
handicaps.
Ils ont
également
eu pour
effet de
rendre
les
citoyens,
les
organisations
de la
société
civile
et les
secteurs
public
et
privé,
des
parties
prenantes
dans les
programmes
et les
chantiers
de
l'INDH,
qui ont
fait
l'objet
d'une
attention
particulière,
tant au
niveau
de la
planification
qu'à
ceux de
la mise
en
œuvre
et du
suivi.
Mes
frères,
les
dirigeants
arabes,.
Nul
n'ignore
que
garantir
la
sécurité
alimentaire
et
hydrique
constitue
un des
défis
arabes
majeurs
présents
et à
venir.
C'est
pourquoi
nous
appelons
à la
mise en
place
d'un
plan
agricole
arabe,
appuyé
par une
stratégie
hydraulique.
Cette
démarche
s'inscrit
dans la
perspective
de la
réalisation
de
l'autosuffisance
dont la
Nation
arabe
possède,
du
reste,
tous les
atouts
nécessaires.
Compte
tenu du
fait que
les
ressources
humaines
qualifiées
constituent
de nos
jours la
vraie
richesse
qui
vaille,
nos pays
ne
peuvent
prétendre
au
développement
sans
réformer
et
moderniser
les
systèmes
d'enseignement
et de
formation,
et sans
libérer
l'Homme
arabe du
carcan
de
l'ignorance
et de
l'analphabétisme.
Il faut,
en
effet,
l'affranchir
des
démons
de
l'ostracisme,
du
fanatisme
et le
libérer
de la
mentalité
d'assisté.
Parallèlement,
il est
nécessaire
d'œuvrer
à la
dissémination
de la
pensée
rationnelle
éclairée,
et de
s'atteler
à
l'édification
de la
société
du
savoir
et de la
communication.
Dans un
monde où
seuls
comptent
les
ensembles
forts,
et où il
n'y a
pas de
place
pour les
entités
fragiles
ou
artificielles,
le Maroc
est
disposé
à
œuvrer
avec
détermination
et
confiance
à la
construction
d'un
espace
économique
arabe
commun.
Mais la
réalisation
de ce
dessein
n'est
possible
que si
elle
repose
sur
quatre
piliers
incontournables:.
Il
s'agit
en
premier
lieu de
créer
dans le
monde
arabe un
climat
empreint
de
coopération
et de
solidarité.
Il faut,
parallèlement,
vaincre
les
démons
de la
division
et
régler
les
problèmes
factices,
et se
défaire
des
politiques
économiques
de
portée
étroitement
nationale,
introvertie
et
confinée
à
l'environnement
immédiat.
Il faut,
en
revanche,
opter
pour une
démarche,
d'ailleurs
inéluctable,
celle de
la
construction
d'ensembles
régionaux
intégrés.
Tout en
saluant
l'expérience
pionnière
menée
par le
Conseil
de
Coopération
du
Golfe,
nous ne
pouvons
que
regretter
les
piétinements
que
connaît
l'Union
du
Maghreb,
du fait
d'entraves
artificielles,
y
compris
la
persistance
de la
fermeture
absurde,
par une
seule
partie,
des
frontières
entre
deux
pays
voisins.
En
réitérant
son
attachement
à
l'ouverture
des
frontières
entre
deux
peuples
frères,
le Maroc
est loin
d'en
banaliser
l'objectif
et de le
réduire
à
quelque
avantage
étriqué
ou à un
intérêt
exclusif.
Son
attitude
procède,
au
contraire,
de sa
fidélité
à la
fraternité
et aux
règles
de bon
voisinage.
Elle
traduit
son
ferme
engagement
en
faveur
de
l'Union
du
Maghreb,
d'autant
plus
qu'elle
constitue
un
maillon
important
dans le
processus
d'intégration
arabe
que nous
appelons
de nos
voeux.
Mes
frères,
les
dirigeants
arabes,.
Avec la
même
volonté,
Nous
insistons
sur la
nécessité
de
renforcer
le
deuxième
pilier :
donner
leur
pleine
expression
à
l'Union
douanière
et à
l'accord
de libre
échange
dans la
région
arabe,
et ce,
dans la
perspective
de la
création
d'un
marché
commun
arabe.
Favoriser
l'émergence
d'un
climat
propice
pour
l'investissement,
voilà un
autre
pilier
indispensable
qui
requiert
notamment
de
fournir
des
garanties
juridiques
incitatives
pour
l'investissement
et de
consolider
l'Etat
de droit
dans le
domaine
des
affaires.
Il
exige,
en
outre,
de
consacrer
les
règles
de
concurrence
et de
transparence,
lesquelles
sont
incompatibles
avec
l'économie
de
rente.
Il
s'agit,
enfin,
d'observer
les
règles
de bonne
gouvernance,
de
respecter
la libre
circulation
des
personnes
et de
faciliter
le
mouvement
des
capitaux.
A partir
de ces
trois
piliers,
nous
ouvrons
largement
la voie
devant
de
nouveaux
acteurs
pour
qu'ils
s'impliquent
dans les
chantiers
de
développement.
La
réalisation
de
ceux-ci
n'est
plus
suspendue
à la
seule
action
gouvernementale,
nonobstant
son
importance,
mais
elle
nécessite
aussi
qu'y
soient
associés
les
collectivités
locales,
la
société
civile
et le
secteur
privé.
A ce
propos,
il
faudrait
que le
capital
arabe
fasse
preuve
d'un
haut
degré de
patriotisme
arabe,
en
donnant
la
priorité,
dans
tous ses
projets
d'investissement,
à la
Nation
arabe.
Le Maroc
restera
attaché
à toutes
les
initiatives
constructives
destinées
à
favoriser
l'intégration
économique
arabe,
d'autant
plus que
Nous
sommes
convaincu
que
l'intégration
en
matière
de
développement
est la
voie la
plus
indiquée
pour
donner
ses
dimensions
concrètes
et
modernes
à
l'arabité.
En elle,
la
composante
culturelle
et la
dimension
de
solidarité
politique
se
conjuguent
et se
complètent
avec
l'intégration
économique
et le
progrès
social.
C'est en
toute
sincérité
et avec
une
totale
loyauté
que le
Royaume
du Maroc
s'est
constamment
attaché
à faire
siennes
nos
causes
arabes
et à les
faire
prévaloir
avec
tout
l'engagement
nécessaire.
C'est
pourquoi
il
entend
s'investir
sans la
moindre
hésitation
dans
tous les
efforts
visant à
renforcer
l'esprit
de
solidarité
et de
fraternité
entre
les
différentes
composantes
de la
Nation
arabe.
Prions
le
Très-Haut
pour
qu'Il
nous
inspire
sagesse
et
clairvoyance
et nous
permette
de nous
hisser à
la
hauteur
des
aspirations
de nos
peuples.
Wassalamou
alaikoum
warahmatoullahi
wabarakatouh". |