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Discours
de SM le
Roi
Mohammed
VI à la
ouverture
de la
session
parlementaire
d'octobre
2005
Rabat,
14/10/2005
"
Louange
à Dieu.
Prière
et salut
sur le
Prophète,
Sa
famille
et Ses
compagnons.
Mesdames
et
Messieurs
les
honorables
parlementaires.
C'est
une
grande
émotion
et
autant
de
déférence
que Nous
éprouvons
en
ouvrant
cette
année
législative
dans la
foulée
de la
commémoration
par le
peuple
marocain,
le dix
du mois
béni du
Ramadan,
de
l'anniversaire
de la
disparition
du
Libérateur
de la
Nation,
Notre
Vénéré
Grand-Père
Sa
Majesté
le Roi
Mohammed
V.
L'illustre
défunt,
que Dieu
L'agrée
en Sa
sainte
miséricorde,
fut un
véritable
pionnier
dans la
mise en
place
des
fondements
de la
démocratie.
Nous lui
devons à
cet
égard
des
réalisations
historiques,
notamment
la
promulgation,
en 1958,
de la
Charte
Royale
avant-gardiste
des
libertés
publiques,
consacrant
le
pluralisme
politique,
avant
que
Notre
Auguste
Père, Sa
Majesté
le Roi
Hassan
II, que
Dieu
sanctifie
Son âme,
n'en
assure
la
constitutionnalisation
dans le
cadre
d'une
démarche
empreinte
de
sagesse
et de
sagacité.
L'adoption,
au début
de cette
session,
d'une
nouvelle
législation
sur les
partis à
l'élaboration
de
laquelle
Nous
avons
appelé,
sera la
meilleure
expression
de
fidélité
à leur
vénérée
mémoire.
Plus que
tout
autre
facteur,
cette
législation
fondatrice
incitera
à opérer
un saut
qualitatif
apte à
permettre
aux
partis
politiques
de
jouer,
comme
Nous le
souhaitons,
un rôle
majeur
dans
l'édification
d'une
société
démocratique
et
pleinement
épanouie.
Par
ailleurs,
cette
session
se
réunit
dans une
conjoncture
chargée
de
projets
structurants
et de
réformes
prometteuses,
d'échéances
contraignantes
dans
divers
domaines
et de
chantiers
de
développement
ouverts
dans
l'ensemble
des
régions
du
Royaume.
Pour que
les
programmes
ambitieux
y
afférents
puissent
voir le
jour et
pour
faire
face aux
contraintes,
aux
enjeux
et aux
défis
qui s'y
rattachent,
il est
impératif
de faire
preuve
de
mobilisation,
d'ardeur
à
l'ouvrage,
d'assurance
et
d'optimisme.
Si, en
entamant
la
réalisation
de la
première
tranche
de
l'Initiative
Nationale
pour le
Développement
Humain
(INDH),
Nous
avons pu
Nous
enquérir
personnellement
de
l'ampleur
du
déficit,
des
disparités
et des
besoins
existants,
il Nous
a
également
été
donné de
prendre
la
mesure
in situ
de la
forte
adhésion
à cette
Initiative
de
toutes
les
franges
de la
population,
mues par
les
ressorts
de la
citoyenneté
positive.
Celle-ci
requiert
que
chacun
assume
ses
responsabilités
et
participe
à
imaginer
des
solutions
aussi
ingénieuses
que
réalistes
aux
difficultés
économiques
et
sociales,
lesquelles
ne
peuvent
être
subordonnées
aux
échéances
électorales,
ni
rester
hypothéquées
par
elles.
A cet
égard,
Nous
soulignons
la
nécessité
de
sensibiliser
chaque
Marocain
au fait
que son
devenir
reste
tributaire
des
initiatives
qu'il
prend et
de sa
volonté
de
s'impliquer
dans
l'action
collective,
elle-même
subordonnée
à
l'encadrement
qu'assurent
au
citoyen
les
instances
qui en
ont la
vocation,
plus
particulièrement
les
partis
politiques
qui
constituent,
à Nos
yeux,
autant
d'écoles
du
nationalisme
et de la
citoyenneté
authentique.
Mieux
encore,
Nous les
considérons
comme
étant
l'instrument
idoine
pour
initier
tous les
Marocains
à une
bonne
implication
dans la
gestion
des
affaires
publiques
et la
pratique
de
l'action
politique
dans son
sens le
plus
noble.
Telle
est la
démarche
judicieuse
que Nous
nous
employons
assidûment
à
renforcer
et à
consolider,
soulignant
et
réaffirmant
du haut
de cette
tribune
la
nécessité
de
réhabiliter
les
partis
politiques,
tant
Nous
sommes
convaincu
qu'il ne
pourrait
y avoir
de
démocratie
effective
et
concrète
sans
organisations
politiques
fortes
et
responsables.
Voilà
qui
explique
Notre
attachement
à
renforcer
les
partis
politiques,
à
travers
la mise
en place
d'un
cadre
législatif
avancé,
leur
permettant
de se
constituer,
de
s'organiser
et de
fonctionner
de façon
démocratique,
ainsi
que la
garantie
d'un
soutien
matériel
régulier
et
transparent,
en
fonction
de leur
capacité
d'encadrement
et de
représentation.
Notre
objectif
ultime
demeure,
en
effet,
de doter
les
partis
nationaux
des
antidotes
nécessaires
et de
prémunir
le
paysage
partisan
contre
les
risques
de
balkanisation
susceptibles
d'empêcher
ces
formations
de jouer
convenablement
leur
rôle
constitutionnel.
Or,
quelle
que soit
sa
crédibilité,
ce texte
fondateur
ne sera
rien de
plus
qu'un
cadre
législatif,
tant que
les
acteurs
politiques
ne
s'avisent
pas de
lui
imprimer
l'impulsion
nécessaire,
en
veillant
à la
mise en
uvre
effective
et
judicieuse
de ses
dispositions
et en
s'inspirant
de
l'esprit
qui le
sous-tend,
pour
favoriser
l'émergence
d'une
nouvelle
culture
politique
qui
conforte
la
confiance
dans les
formations
politiques
et les
assemblées
élues.
Nous
sommes
convaincu
que nos
partis
politiques,
animés
par leur
fibre
patriotique,
s'empresseront
d'illustrer
de
manière
tangible
leur
adhésion
à la
nouvelle
législation,
en
réduisant
les
délais
d'harmonisation
formelle
et
d'amendement
de leurs
statuts
à la
lumière
des
nouvelles
dispositions.
Il leur
appartient,
surtout,
d'approfondir
cette
mise en
adéquation
de façon
suffisamment
extensive
pour
qu'elle
reflète
concrètement
l'esprit
de cette
loi.
Ceci
vaut
aussi
bien
pour
l'action
des
partis
politiques,
qui
deviendra
une
entreprise
pérenne
d'encadrement,
que pour
l'intégration
des
nouvelles
élites
composées
notamment
de
jeunes
et de
femmes.
C'est
ainsi
que
s'opérera
la
rupture
avec une
certaine
propension
à
réduire
cette
action à
une
simple
activité
électorale
conjoncturelle.
Nous les
appelons
aussi à
consacrer
l'essentiel
de leur
travail
de
terrain
à
enraciner
les
valeurs
de
citoyenneté
agissante,
à
initier
les
générations
montantes
aux
principes
de la
participation
démocratique
et à
protéger
celle-ci
contre
les
méfaits
du vide
politique
et les
fâcheuses
retombées
qui
pourraient
en
découler.
Aussi
importante
qu'elle
puisse
être,
Nous
considérons
que la
loi sur
les
partis
n'est
pas en
soi
l'ultime
aboutissement
du
parcours.
Considérée
plutôt
comme un
premier
jalon
essentiel
dans un
processus
fondateur,
cette
loi ne
vise pas
uniquement
la
réorganisation
interne
des
partis
pour
leur
permettre
de
réaliser
leur
aspiration,
somme
toute
naturelle,
à
remporter
les
échéances
électorales
en toute
légitimité.
Elle est
destinée
également
à
favoriser
l'émergence
d'un
paysage
politique
rationalisé,
reposant
sur des
alliances
fortes
et des
pôles se
distinguant
entre
eux non
pas par
la
multiplicité
des
colorations
politiques,
mais par
leur
émulation
autour
de
projets
de
développement
bien
définis.
Le
parachèvement
et le
renforcement
de la
mise à
niveau
des
partis,
dans sa
dimension
législative,
resteront
tributaires
d'un
système
électoral
efficient
et
approprié.
Aussi
avons-Nous
donné
Nos
instructions
au
gouvernement
pour
qu'il
ouvre,
dans le
cadre
d'une
large
concertation
et d'un
consensus
constructif,
à ce que
le Code
électoral
soit
adopté
et connu
de tous,
une
année
avant
l'échéance
du
prochain
scrutin.
Cela
devrait
se
traduire
par une
meilleure
visibilité
et une
moralisation
de la
compétition
qui doit
être
loyale,
régulière
et apte
à
garantir
le
déroulement
d'élections
libres
et
pluralistes.
Telle
est la
voie
judicieuse
à
emprunter
pour
réaliser
l'ambition
qui Nous
anime de
voir
émerger
une
majorité
gouvernementale
cohérente
et une
opposition
parlementaire
constructive.
La
modernisation
du cadre
normatif
régissant
les
partis
politiques
et du
Code
électoral
ne
pourra
porter
pleinement
ses
fruits
que si
elle
s'accompagne
d'une
mise à
niveau
politique
plus
globale
et plus
à même
de
conforter
la
confiance
du
citoyen
et de
l'inciter
à
participer
à ses
institutions
représentatives,
partisanes
et
associatives.
A cet
égard,
il est
du
devoir
de
l'institution
parlementaire
de jouer
un rôle
important
dans
cette
impérieuse
entreprise,
en
donnant
une
forte
impulsion
à
l'animation
de
l'action
parlementaire
à tous
les
niveaux.
Cette
dynamisation
doit
s'opérer
aussi
bien par
le biais
d'une
législation
réformatrice
que par
l'exercice
d'un
contrôle
responsable
et la
pratique
d'un
encadrement
sur le
terrain.
Elle
requiert
également
le
déploiement
d'une
diplomatie
parallèle
offensive
visant à
mettre
le
développement
démocratique
de Notre
pays au
service
de la
défense
de la
marocanité
de notre
Sahara.
Aussi,
engageons-Nous
l'ensemble
des
acteurs
à se
mobiliser
et à
conjuguer
leurs
efforts
afin de
parer
aux
campagnes
pernicieuses
orchestrées
contre
notre
pays par
les
adversaires
de notre
intégrité
territoriale.
Nous les
exhortons
à s'y
opposer
énergiquement
au sein
de
toutes
les
instances,
pour
démasquer
leurs
méthodes
et leurs
man
uvres
méprisables.
Mesdames
et
Messieurs
les
honorables
Parlementaires.
Pour
illustrer
la place
particulière
que Nous
accordons
à votre
honorable
institution,
et
partant
de Notre
attachement
à
l'élargissement
effectif
et
concret
du champ
de la
pratique
démocratique,
Nous
avons
décidé
que le
Parlement,
à
l'instar
de ce
qu'il a
fait
pour le
Code de
la
Famille,
se
prononce
sur la
réforme
de la
législation
concernant
la
nationalité,
à partir
d'une
vision
globale
de la
citoyenneté
responsable
et
imprégnée
des
constantes
nationales
sacrées.
Nous
souhaitons,
à
travers
cette
mise à
niveau
politique
globale,
baliser
le
chemin
pour une
réforme
institutionnelle
profonde
visant à
consolider
les
assises
d'un
Etat
fort de
sa
monarchie
constitutionnelle
et
citoyenne
et de
ses
institutions
démocratiques
responsables
et
efficientes,
et
s'appuyant
sur un
développement
humain
durable
et sur
les
règles
de bonne
gouvernance.
La
réforme
institutionnelle
à
laquelle
Nous
sommes
attaché
ne
devrait
pas
occulter
pour
nous le
risque
qu'elle
encourt
de
rester
purement
formelle
sans
développement
humain,
ou de
n'être
qu'une
sorte de
luxe
politique
aux yeux
des
masses
populaires,
dont la
préoccupation
majeure
est de
disposer
d'un
travail
qui leur
assure
le
minimum
requis
pour
mener
une vie
digne,
et d'un
revenu
licite,
adéquat
et
honorablement
acquis.
Aussi,
est-il
indispensable
de
stimuler
et
d'accélérer
le
rythme
de la
croissance
économique
en
faisant
preuve
d'un
engagement
ferme et
d'un
effort
inlassable
pour
créer
les
richesses
à coups
d'initiatives
privées
et à
force de
labeur.
Il ne
s'agit
donc pas
d'un
slogan
creux,
galvaudé
par tous
et
brandi
comme un
mot
d'ordre
pour
faire
aboutir
une
revendication
syndicale.
En
effet,
la
croissance
économique
ne se
décrète
pas.
Si notre
pays
connaît
une
croissance
économique
significative,
il n'a
pas,
pour
autant,
mobilisé
toutes
ses
énergies
pour lui
imprimer
la
vitesse
optimale
requise.
Afin
d'évoluer
résolument
vers
cette
finalité
primordiale,
il est
indispensable
de
conduire
simultanément
et d'une
manière
équilibrée,
développement
et
démocratie.
De même,
la
synergie
et la
complémentarité
doivent
être
renforcées
entre un
secteur
public
dûment
rationalisé
et le
secteur
privé
qui doit
être
encouragé
à
assumer
pleinement
son rôle
de
locomotive
du
développement.
En fait,
le
problème
qui se
pose ne
tient
pas tant
au fait
d'être
en butte
à une
difficulté
de
taille,
mais
plutôt
d'en
faire
supporter
le
fardeau
uniquement
à
l'Etat,
et sans
une
franche
implication
des
autres
acteurs.
Aussi,
et pour
mettre
un terme
à cette
démarche
bancale,
incombe-t-il
à tous
de
s'employer
à y
remédier
opportunément
par des
solutions
efficientes
et par
des
décisions
audacieuses
et
efficaces.
Il
importe
aussi de
mettre
en ouvre
une
organisation
rationnelle
et
rigoureuse,
fruit
d'une
éducation
saine et
d'une
initiation
socio-politique
participative.
Voilà
pourquoi
Nous
insistons
sur le
développement
de la
culture
d'une
citoyenneté
responsable,
avec son
corollaire
qui est
le
passage
à la
mentalité
du
citoyen
acteur-entrepreneur,
partenaire-producteur.
Cette
mentalité
doit, en
effet,
supplanter
le
négativisme
et la
culture
de
l'assistanat
et de
l'attentisme.
C'est là
une
entreprise
de
longue
haleine
où le
progrès
du
citoyen
reste
tributaire
de son
aptitude
à être
un
citoyen
du
progrès.
En
effet,
le Maroc
ne peut
connaître
le
développement
souhaité
que si
chacun
s'y
investit
corps et
âme et
que les
citoyens
se
résolvent
à opérer
en
eux-mêmes
les
changements
qui
s'imposent.
A cet
égard,
aucun
pays ne
peut
réussir
sa mue
sans
l'engagement
vertueux
de ses
citoyens.
Dans
cette
ambiance
de
ferveur
spirituelle
que
répand
le mois
béni du
Ramadan,
mois où
fut
révélé
le saint
Coran
pour
guider
l'humanité
vers le
bien,
Nous
implorons
le
Très-Haut
de nous
compter
au
nombre
de "
ceux qui
écoutent
la
Parole
et qui
agissent
selon ce
qu'elle
contient
de
meilleur.
Voilà
ceux que
Dieu
dirige.
Voilà
ceux qui
sont
bien
avisés
".
Véridique
est la
parole
de Dieu.
Wassalamou
alaikoum
wa
rahmatoullahi
wabarakatouh
". |